Quand Oxleigh arrive en ville...

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Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 06.06.15 17:54

Il traversait la passe Thalassienne à pas lourds mais pressés. Il n’avait aucune envie particulière de se rendre dans les Maleterres mais il appréciait le séjour, c’était toujours plus divertissant que la routine qui l’attendait à Tranquillien. Cette invitation qu’il avait reçue quelques jours plus tôt était l’opportunité parfaite pour voir du pays. Et après tout depuis la mort d’Arthas, le trajet était moins dangereux qu’il ne le fut auparavant. Il passa la main dessous son tabard représentant le masque de porcelaine réprouvé et en ressorti une enveloppe au cachet brisé. À l’intérieur se trouvait une convocation signée par le haut-commandement de l’armée de la Dame Noire mais aucun nom d’officier ni de signature ne séjournait en bas de la page, juste le tampon officiel. Il ignorait à quoi cela rimait, mais il connaissait aussi l’affinité qu’ont les siens à priser l’anonymat. Il n’empêche qu’il avait un doute quant à la raison derrière sa venue dans les parages. Il avait pour ordre de se rendre à la tour du Col du Nord, récemment conquise par les forces de l’Aube d’Argent, et s’adresser à un certain Judkins. Il ignorait à quoi s’attendre exactement, mais la ballade lui faisait du bien alors à quoi bon se plaindre.
***

         Alors qu’il avançait à bon train sur le sentir qui menait à sa destination, il surveillait les environs furtivement. Il ne tenait pas particulièrement à tomber dans une embuscade ; les réprouvés avaient plus d’ennemis qu’ils n’avaient d’amis, même si proche de leurs propres terres. Il put enfin apercevoir la tour en ruines, du haut de sa colline. Non loin, une épaisse colonne de fumée s’élevait dans les sombres cieux des Maleterres. Il pressa son allure mais fut stoppé rapidement dans son élan par deux gardes de l’Aube d’Argent dont une draeneï armée d’un arc qui le tenait en joue.
« Halte, mort-vivant ! Réprouvé ou Fléau ?
- Ça ne se voit donc pas ? répond-il en tirant sur son tabard.
- Et la ruse, ça ne connaît pas ?
- Moi, si. J’ai un cerveau pour moi et je l’utilise. Les ramollis toujours au service du Prince maudit, ils connaissent moins, eux.
- On reconnaît bien là l’humour d’un réprouvé.
- Ah, vous voyez bien. Vous parlez bien le commun, pour une draeneï.
- Que nous vaudrait le plaisir de votre visite en zone de guerre ? l’ignora-t-elle sans relâcher la corde de son arc.
- On m’a mandé. Je suis ici pour un certain Judkins. Est-il dans le coin ?
- Pour quel motif?
- Pas votre affaire, si je puis me permettre. En revanche, cela ne veut pas dire que je suis votre ennemi.
- Si comme vous le dites, vos intentions ne sont pas hostiles, vous ne verrez pas d’inconvénient à ce qu’on vous mette les fers jusqu’à ce que Judkins corrobore votre version des faits.
- Soit. Si ça vous fait plaisir, m’selle, je vais pas vous en empêcher. Mais dépêchez-vous, je vous prie, je suis attendu.
- Épargnez-moi au moins vos gisements, mort-vivant. »

***

« Elle est agitée celle-là, faut qu’elle se détende.
- Vous pardonnerez l’officière Irizarry, vous comprendrez bien qu’il faut être sur ses gardes dans les environs, nécrogarde… Leighton, c’est bien ça ? Oscar Leighton ?
- Oui-oui.
- Nous commencerons l’assaut contre Pestebois d’ici quelques jours, c’est la dernière étape pour la reconquête des Maleterres de l’Est.
- Je vois. Et que viens-je faire exactement dans tout ça, apothicaire? Jusqu’à maintenant, je pensais que le haut-commandement m’avait oublié à Tranquillien. »
         Le dénommé Judkins leva les yeux de son atelier et dévisagea son interlocuteur qui se trouvait assis en face de lui, sortant d’une petite bourse une petite parcelle de poussière luisante qu’il plaça sur la lame d’un court couteau. Leighton l’amena ensuite à faible distance de son nez et inspira un grand coup.
Ils se trouvaient tout deux en marge des troupes armées, dans l’ombre de la tour. Judkins était un réprouvé au teint jaunâtre très prononcé et aux cheveux bien coiffés de chaque côté de son crâne. Il gardait un air très solennel et Leighton n’aimait pas beaucoup ça. Bien trop sérieux, trop bien peigné. L’apothicaire reporta son regard sur son travail et Leighton, plein de vigueur, reprit :
« Et donc ? Que me voulez-vous ?
- Rien. Personnellement, dirons-nous. Mais l’un de mes… amis s’intéresse à vous. Et il semble être l’une de vos anciennes connaissances, d’après ses dires.
- Ah-bah-bon ?
- Seulement il aime être discret, vous comprendrez. D’où ces procédés, par précaution.
- Oui-oui, je me doute bien, mais ça renforce les stéréotypes tout ça. Pi' qui est capable d'envoyer un document au tampon officiel ? C'est hyper suspicieux cette histoire.
- Faisons court nécrogarde, mon temps est précieux. Il arrivera à la nuit tombée, attendez-le près de la fosse où l’on brûle les morts. Juste suivez la colonne de fumée à son point d’origine, vous ne pouvez pas la louper. Je m’assurerai qu’Irizarry vous laisse en paix jusque là.
- Et qui, exactement, dois-je attendre ?
- Le docteur, nécrogarde Leighton, le docteur. »

***
***
***

Je me réveille en sursaut, et alors que le rêve se dissipe peu à peu, je réalise où je suis. Placé sur un tabouret en fer au beau milieu d’une chambre ténébreuse que le feu des torches éclaire à peine. Je pensais que cela faisait aussi partie de mon subconscient, mais alors que je regagne mes esprits, je me souviens de la situation dans laquelle je suis tombée. Convoqué à Fossoyeuse par certains pontes de la capitale, je n’avais d’autre solution que de venir sur-le-champ. Je m’attendais à devoir répondre à quelques questions, c’est toujours le cas lorsque l’on est sommé par un évêque du Culte ; ou bien il requiert un service de votre part. Mais la tournure qu’ont prise les choses m’ont prouvé qu’il ne s’agissait pas de la deuxième option.
         Un sombre clerc en habit traditionnel marche de droite à gauche en face de moi, les mains derrière le dos, à faire un millier d’aller-retours. Je récupère encore, la tête me tourne légèrement. Il s’arrête subitement et se tourne vers un des coins de la sombre pièce dans laquelle nous nous trouvons.
« Alors ? Touchons-nous au but ?
- Ne soyez pas si pressé, Beryl. Vous allez faire tomber votre joli chapeau. Et nous avons tout notre temps. »
Aussitôt dit, Beryl replaça son large couvre-chef noir correctement sur sa tête et reprit :
« Mais il nous faut savoir au plus vite, père Lazarus. Afin d’agir plus rapidement encore.
- Pour cela, adressez-vous à notre consoeur, c’est à elle qu’il appartient d’accélérer cette procédure. À moins que notre ami, le nécrogarde Leighton ci-présent, ne se décide à nous avouer ce qu’il sait.
- Je vous l’ai déjà dit, le docteur Leary et moi nous sommes brièvement connus avant notre non-mort, et j’avais oublié jusqu’à son existence avant que vous ne me mentionniez son nom.
- Ce n’est pas totalement vrai cependant, monsieur Leighton. »
         La dernière personne à prendre la parole possédant une voix spectrale éclatante se manifeste désormais devant nous tous dans un halo verdâtre. Une banshee apparaît alors, son regard pointé vers moi, un air de souffrance et de colère contenue sur le visage fantomatique.
« Je viens de me plonger dans l’un de vos souvenirs. Il semblerait que vous ayez entendu parler du docteur et récemment, qui plus est. Peu après le cataclysme.
- Je me disais bien, ce rêve était étrangement réaliste. D’habitude, je songe de cercueils et de succubes.
- Les pouvoirs de l’Ombre sont grands, nécrogarde. Et vous faites face à trois évêques du culte de l’Ombre oubliée. Ne nous sous-estimez pas.
- Écoutez plutôt le père Lazarus, et ne nous faites pas perdre notre temps. Nous avons enfin établi un lien entre vous et Leary, il ne vous reste qu’à nous dire le reste.
- Pourquoi ne pas lui poser la question à lui, et non à moi ?
- Car il a disparu, monsieur Leighton, m’annonce la banshee. Il y a trois mois de cela.
- Vous pensez bien qu’on ne se mêlerait pas de ses affaires autrement, reprit Lazarus. Sa doctrine ne correspondait pas à la nôtre, mais il restait un chef de file renommé parmi les membres du Culte. Mais maintenant qu’il n’est plus dans les parages, il est grand temps qu’on s’informe des recherches qu’il a laissées derrière. Et, semble-t-il, certaines de ses activités vous sont connues. C’est pourquoi Aelthalyste vous sonde, nécrogarde.
- Une disparition ne fait pas une vraie-mort, mon père. Rien ne vous donne le droit de mettre votre nez dans ce qui ne vous concerne pas.
- Le docteur Leary était suspecté d’être une menace en devenir pour la nation de la Dame Noire, répond-il en haussant le ton. Ses idéologies heurtent toujours l’avenir du Culte, et que l’Ombre nous garde, ses recherches peuvent sans doute nous affliger plus encore. Sa place parmi les grands de notre communauté lui valurent protection jusqu’à sa récente absence.
- Et que vous fait-il penser que je sache quoi que ce soit ? Je ne suis pas réputé pour être le plus honnêtes des réprouvés, mais je ne vois pas en quoi je suis soupçonné d’être son complice.
- Vous n’êtes pas soupçonné d’être son complice ne soyez pas vain. Non, monsieur Leighton, nous pensons que vous étiez son laquais.
- Ou du moins que vous étiez à son service. Que c’est à lui que vous rendiez des comptes à la fin de la semaine, dirons-nous. »
         Les fourbes félons. Ils n’ont pas tort du tout et je me demande ce qu’ils savent exactement sur l’arrangement entre le docteur Leary et moi. Il m’avait donné sa parole, qu’on ne pourrait pas remonter jusqu’à moi. J’ignore comment, mais ils y sont arrivés. Et avec la disparition du docteur, pour sûr, rien ne les empêche de m’arrêter.
« Bien. Vous n’êtes pas des plus coopératifs, nécrogarde, déclare Lazarus. Aelthalyste, veuillez procéder je vous prie. Trouvez-nous donc le docteur dans ses mémoires. »
***
***
***

Il avait tenté de compter les marches pendant qu’il escaladait cet escalier, mais il avait fini par perdre le compte après 57. C’est qu’une tour des fois ça consiste juste en une bonne cardio et des bonnes cuisses. Il finit par arriver tout en haut, où il reprit son souffle devant la porte en bois durant un long moment. Sa jeunesse n’était pourtant pas si loin, pensa-t-il. Mais il ne réussit pas à se convaincre. Il frappa trois fois puis attendit un moment avant d’ouvrir.
         Il avait pour habitude d’apporter le déjeuner du professeur Bertrand vers la dixième heure de la journée à un tintement de clocher près. Cela faisait dix jours cependant qu’il n’avait pas eu à le faire car le professeur était parti en vacances. Seulement il rentrait aujourd’hui. C’est pourquoi Oscar se trouvait en haut de cette tour où se trouvait son bureau, un plateau à la main avec du cheddar, une bonne grappe de raisin et du lambic de Lordaeron. C’était le préféré du professeur, et Oscar savait ça bien.
         Il avait étudié à l’académie de Stratholme et finissait maintenant son doctorat en assistant l’érudit Hubert Bertrand à la capitale. Il enseignait de temps à autre quand on le laissait faire, mais il lui restait encore quelques mois avant d’en avoir fini avec cette assignement. Pour le reste, c’était beaucoup de mornes tâches qu’il devait accomplir quotidiennement pour le professeur qui connaissait bien la position d’assistant-professeur et qui abusait avec bon grès des profits qu’il pouvait en tirer. Mais Oscar ne se plaignait pas, c’est ainsi qu’allaient les choses.
         Il pénétra dans la pièce et vint poser le plateau sur le bureau. Il ne faisait même plus attention au reste de la salle, qu’il avait fini par connaître par cœur. Des livres ici et là, des notes, des cartes, des grimoires, des peintures au mur et des reliques diverses éparpillées, puis au final beaucoup de poussière. Partout. Il repartait déjà quand il entendit un chandelier tombé suivi d’un gémissement.
« Il y a quelqu’un ?
- Bien sûr qu’il y a quelqu’un. Sinon il n’y aurait pas de bruit.
- Qui va là ? »
         Oscar s’avança en direction du bruit, là où le soleil éclairait peu, et aperçut une silhouette se dessiner dans les rayons de poussière. Un homme d’une cinquantaine d’années tout au plus, chemise bleue et cheveux courts en désordre, se releva et lui fit face. Quelques rides et un sourire lui parcouraient le visage.
« Docteur Leary, enchanté.
- Oscar. Oscar Leighton. Je suis l’assistant du professeur Bertrand. Nous sommes dans son bureau.
- Nous étions dans son bureau. Maintenant nous sommes dans le mien.
- Pardon ?
- Je crains que Hubert ne rentrera pas de vacances. Il fut durement touché par une étrange maladie durant ses pérégrinations dans l’Est, et il est alité depuis. Son état n’en finissait pas d’empirer il me semble, donc le doyen de l’académie m’a appelé pour le remplacer. Sur quoi porte votre doctorat ?
- Civilisations anciennes. Excusez-moi, mais pour combien de temps enseignerez-vous ici ? Est-ce que le professeur Bertrand reviendra bientôt ?
- On m’a demandé de couvrir les quatre mois de la fin d’année, après ça on verra bien, qu’ils m’ont dit. Ca nous laisse un peu de temps pour développer une amitié soudaine, n'est-il pas ? »
         Le docteur Leary traversait la pièce à pas vifs et commença à fouiller les tiroirs de la commode. Il semblait chercher quelque chose. Pendant ce temps, Oscar pensait à sa situation. Ce changement n’aurait probablement pas tellement d’impact sur sa fin de scolarité, il faudrait juste apprendre les nouvelles habitudes du nouveau professeur. Leary tout à coup s’exclama joyeusement et sortit une fiole d’un compartiment secret. Il fit sauter le bouchon de liège avec ses dents et le recracha aussitôt par terre. Il versa le contenu de la fiole sur le bureau après en avoir très rapidement éparpillé la poussière qui le couvrait.
« C’est fou ce qu’il se passe en ce moment, n’est-il pas ? Gilnéas a vraiment l’air de s'en tenir à leur politique d’isolement. Je vois mal l’Alliance survivre très longtemps. M’enfin, ce n’est pas une grande perte, ce n’est pas comme si on en avait encore réellement besoin. Surtout avec les orcs enfermés dans des camps comme ils le sont. »
Il s’assit enfin dans le fauteuil du professeur Bertrand et se mit à recouper la poudre qui se trouvait devant lui.
« Il faudra penser à me changer ce siège. C’est impossible de bien travailler dans ces conditions. Regardez-moi ça, le ressort me fait trembler et j’ai bien du mal à former mes lignes.
- Eh, je transmettrai votre demande à l’intendant de l’académie, monsieur Leary.
- C’est "docteur".
- Pardon. Docteur Leary. »
         Il inspira par le nez tout un segment de poudre à l’aide d’un petit cylindre métallique. Il se redressa ensuite frénétiquement et mit la tête en arrière en rigolant nerveusement.
« Vous êtes marrant, vous. Vous prenez vraiment votre rôle au sérieux. Vous n’en avez pas marre ? Allez, il vous reste peu de temps vous savez.
- Six mois, docteur Leary. Et je repars ensuite dans l’Est.
- Je crains que vous n’en ayez pas le loisir. Un peu de blanche ? demanda-t-il en désignant le tas de poudre scintillante qui se trouvait là.
- Que voulez-vous dire ?
- Il y a des forces obscures à l’œuvre ici-même, monsieur Leighton, reprit-il en formant une autre ligne usant du cylindre. Et il faut savoir profiter des bons moments avant qu’ils ne disparaissent pour toujours.
- Il y aura toujours du bon, même dans les mauvais moments.
- Point de vue intéressant mais contestable. Seulement on ne peut pas vraiment savoir ça, peut-on ?
- C’est une philosophie plus qu’une science.
- Et la science n’est que la connaissance approfondie de chaque chose qui compose l’univers, et la philosophie un ensemble de conceptions abstraites, vous avez probablement raison alors.
- Et bien que la science couvre nombre de sujets, elle ne parle en rien de ceux qui composent la philosophie.
- Comme je le disais, point de vue intéressant mais contestable. La science couvre autant de sujets que votre connaissance le permet. Mais nous verrons, monsieur Leighton, qui de nous deux a raison. Mais il sera cependant probablement trop tard. »

***
***
***

« Comment m’avez-vous trouvé ? je réussis à glisser.
- Tous les traîtres et les espions posent toujours la même question.
- Je pense que nous pouvons lui répondre, père Lazarus.
- Bien, Beryl, très bien. Faites donc. »
         Le sombre clerc se tourne vers moi mais j’observe en l’écoutant le halo verdâtre dans lequel la banshee Aelthalyste réapparaissait. Je suis au courant du souvenir qu’elle vient de repêcher, mais cela ne prouve rien. Pas encore. « Griselangue. Ce nom vous dit-il quelque chose ? » J’essaie de ne rien laisser montrer mais je sais bien que s’ils possèdent cette information alors il est déjà trop tard pour moi. Et une fois qu’ils auront ce qu’ils veulent, je finirai au trou, voire pire. Le clerc reprit :
« Nous avons des agents dans tout le royaume, et vous pensiez pouvoir vous cacher. Mais nos oreilles traînent partout, nécrogarde. Nous soupçonnions le docteur Leary d’avoir confié des informations confidentielles sur la sécurité de notre capitale, et de ce fait d’avoir un lien direct avec le triste incident d’il y a plus d’un an et demi. La BFC (Banque Centrale de Fossoyeuse) fut pillée par un groupe de mercenaires masqués au service d’une organisation terroriste. Ce genre de méfaits, nécrogarde Leighton, ne peut être accompli sans quelqu’un de la maison. Mais vous le saviez déjà, n’est-il pas ?
- Nous avons suivi les pistes. Nous avons suivi les pistes et bien que nous n’ayons rien trouvé pour incriminer le docteur, nous sommes aboutis sur un nom : Griselangue. Et il semblerait que ce nom vous soit attribué, Oscar Leighton.
- Il semblerait en effet, continua Lazarus, que vous utilisiez ce pseudonyme dès lors que vous entrepreniez des activités illicites. Nous nous sommes penchés sur votre cas. Vous travaillez avec le Reliquaire depuis plus de deux ans maintenant. Depuis leurs débuts, en fait.
- J’entretiens de bonnes relations avec les elfes. J’ai longtemps été en poste à Quel’thalas et il me semble qu’il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’un ancien professeur d’histoire ne rejoigne une organisation comme celle-ci !
- Est-ce que c’est le docteur qui vous a recommandé de nous dire ça si vous étiez pris ? Probablement. On se demande même ici si vous n’avez pas rejoint les Sin’dorei sous ses ordres. Dans tous les cas, vous revendiez de temps à autre des reliques sur le marché noir sous le sobriquet de Griselangue. Ça ne passe pas, hélas, inaperçu. Nous avons cherché à vous ramener à Fossoyeuse depuis un bon moment, mais certains membres du Reliquaire estimaient votre travail en Pandarie « indispensable ». Nous ignorons à quel point Leary et vous êtes liés, mais il vous protégeait plus que vous ne le pensiez. Seulement aujourd’hui, vous êtes présent devant nous et il n’y a plus rien pour nous tenir à distance.
- Quitte à tout prendre, prenez mes gosses et la télé, mais vous n’aurez pas ma liberté de penser ! »
Le père Lazarus se passe une main sur le visage. Je sens le regard perplexe de la banshee mais mon attention est déjà ailleurs. Je renifle légèrement, habitude de vivant, et pense à sauver ma peau mais je ne vois pas comment.
« V’nez vous battre, squelettes en gadoue ! Gâteux du Culte !
- Il lui arrive quoi là, exactement ? demanda Lazarus.
- Il s’agite beaucoup, répondit Beryl.
- C’est là les conséquences du sevrage, répondit Aelthalyste. Je crains que monsieur Leighton n’ait contracté de bien mauvaises habitudes à passer son temps avec ce cher docteur.
- Le docteur l’a dit, pour gagner en puissance, pour façonner le monde, il faut pouvoir visualiser notre but. Une prise de poussière enchantée et pouf ! la représentation parfaite d’une ascension, la maîtrise parfaite.
- C’est pathétique. Le Pouvoir est une des vertus majeures du Culte de l’Ombre, sa quête nécessite clairvoyance et prudence ! Ces hérétiques ont souillé notre nation assez longtemps comme ça. Finissons le travail et jetez moi ce pleutre déloyal dans une geôle !
- Ce sera fait, conclut la banshee. »
***
***
***

Il s’avançait vers les vestiges antiques d’un air nonchalant, fredonnant presque un air qui lui rappelait ses douces années. La lune peinait à percer la brume qui environnait cette nuit-là les Hinterlands et l’air était frais. Un hurlement de Crins-d’Argent se fit entendre au loin mais rien d’inquiétant. Il ne se passait pas beaucoup de choses au centre de la région, et si ce n’était pour les limons qui occupaient les ruines trolles environnantes et les loups qui parcouraient les bois, alors on n’en entendrait pas parler. Les conflits entre l’Alliance et la Horde se résolvaient respectivement dans les contrées occidentales et orientales des Hinterlands mais les trolls et les nains ne pouvaient pas s’affronter tous les jours pendant aussi longtemps, combien même la destruction de Theramore avait plongé les deux factions dans un élan belliqueux et destructeur envers l’un et l’autre.
         Oscar Leighton, qui ce soir là en cas d’oreilles indiscrètes ne s’identifiait qu’au nom de Griselangue, pénétrait les décombres de ce qu’était autrefois Agol’watha, au bord de la rivière qui sépare Seradane du reste du territoire. Une fois débarrassé de quelques créatures vaseuses qui trainaient là, il s’assit sur une pierre recouverte à moitié de moisissure. Il avait eu du mal à semer Harlan, son collègue du Reliquaire, mais il finit par réussir et c’était ce qui compte. Ils étaient tous deux venus au poste de recherche d’Hiri’watha présenter des résultats qui nécessitaient des recherches plus approfondies. Le trajet depuis les terres Foudroyées avait été long, et le retour vers l’expédition Solevoile le sera encore plus maintenant qu’ils étaient conscients de la distance qu’ils avaient à parcourir à nouveau. Oscar espérait juste que l’apothicaire Surlis en charge de la station ne soit pas aussi prompte et efficace que sa réputation le laisse suggérer, afin qu’il puisse profiter du climat des Hinterlands. Surtout que supporter Harlan était difficile. Oscar ne pensait pas trouver aussi bavard que lui, mais il faut croire que tout existe dans ce monde – quid des autres alors ?
         L’ancien nécrogarde payait à peine attention à ce qui l’entourait. Des ruines trolles, il en avait vues un paquet et ça ne l’intéressait plus vraiment. Si encore c’était une race proche de l’extinction. Mais là vraiment, il n’y avait pas lieu de s’exciter. Agol’watha était silencieuse comme jamais, et Oscar profita de ce moment de calme pour se repoudrer le nez. Il trouvait la nécromancie bien pratique pour colmater les trous dans sa paroi nasale et se disait qu’il y avait quand même bon nombre d’avantages à être un mort-vivant. Sous un relent d’énergie, il se leva et fit les cent pas en prenant soin de briser quelques ustensiles anciens à chaque pas quand il le pouvait. Ça le faisait doucement marrer.
« Je vois que vous vous amusez bien, Griselangue.
- Faut bien passer le temps, docteur, répondit-il sans même chercher d’où venait la voix douce mais caverneuse qui retentit à l’instant. C’est qu’on a toute la non-vie devant nous, tout de même.
- Je ne vous le reproche pas. Mais il y a des hobbies plus fascinants que d’autres. Prenez Natalie Séline, par exemple, si elle ne s’était pas intéressée à la magie noire des orcs…
- Nous aurions mis bien plus de temps pour se rendre compte de la nécessité d’un équilibre entre Ombre et Lumière. Je connais la leçon, docteur. »
         Oscar sourit à la silhouette qu’il discernait dans les ténèbres environnantes. Il imagina que son interlocuteur lui rendit la pareille car il y eut un court instant de calme. Il sortit une pomme pourrie qu’il lança au docteur Leary et entreprit d’en consommer une soi-même. Il n’avait pas eu à attendre longtemps avant de commencer leur entrevue, c’était du bon timing.
« J’oublie parfois que vous avez été à bonne école, reprit la silhouette tout en restant à couvert de la lune. Toutes mes excuses. Vous avez été bien formé, Griselangue, et je vous remercie de vos années de sincère service.
- Que me vaut ces gratifications ? Je sais que mon travail est toujours brouillon et que je parle trop.
- Mais vous servez loyalement et savez tenir votre langue quand la situation le veut. C’est pourquoi j’ai besoin de vous une fois encore. Cette fois-ci pour une affectation de longue durée.
- Parce que ce que je fais actuellement ne l’est pas ? Mmm… Je vous écoute.
- Un nouveau continent dans le sud vient d’être découvert, on l’appelle la Pandarie. Un débarquement de grande envergure est organisé, Hurlenfer emmène avec lui non seulement un grand nombre de troupes et de matériel, mais aussi une unité du Reliquaire. Je me suis arrangé pour que vous en fassiez partie.
- J’imagine qu’on y trouvera un peu de tout le monde sur place.
- C’est à prévoir. Griselangue, vous serez mes yeux. Transmettez-moi autant d’informations que possible. Vous allez assister à de grands changements là-bas. La Horde et l’Alliance s’affronteront durement, et les mystères locaux seront à vous de découvrir. Faites-moi parvenir un rapport aussi souvent que vous le pourrez. Il y aura probablement matière pour mes recherches. Je compte sur vous.
- Êtes-vous au moins un peu plus proche de réaliser vos plans ?
- Doucement, mon ami. Prudence est de mise. Stratholme ne s’est pas faite en une nuit.
- J’imagine.
- Les autres dignitaires du Culte ont cependant récemment concentré leur attention sur ma personne, je me dois de redoubler de vigilance.
- Ces cloportes ! Combien de temps encore seront-ils dans vos pattes ?
- Ils feront tout ce qu’ils peuvent, il en va des principes du Culte. C’est leur instinct de survie, ils ne laisseront pas leur influence se dissiper aussi facilement. Mais cela est nécessaire, en temps voulu.
- Le plus tôt sera le mieux.
- Griselangue, mon ami, je vous le répète : patience.
- Le futur des réprouvés est incertain, docteur, et vous pouvez les aider. Vous pouvez leur ouvrir les yeux, à tous ! Vous me l’avez dit si souvent auparavant, ils sont aveuglés par les préceptes du Culte, leurs esprits sont contrits, leur potentiel… restreint. L’adulation excessive de la reine Banshee, cette croyance absolue qu’ils ont pour elle, ça sera leur perte. Nous ne pouvons lui faire confiance, à elle ou les autres, ce sont vos mots pas les miens, et j’ai choisi de me battre pour ces idéaux. Deux ans que je me fais balader à droite à gauche aux ordres du Reliquaire, selon vos instructions. Est-ce que tout ceci était en vain ?
- Bien sûr que non, mon ami. Vous et mes autres disciples accomplissez un travail formidable, et vos efforts sont hautement appréciés. Certains principes du Culte sont erronés, mais ils nous enseignent un juste fondement : en imposant une force suffisamment vigoureuse, nous pouvons modifier notre environnement, notre place dans l’univers. C’est pourquoi nous œuvrons si ardemment. Nous avons besoin d’accroître notre influence, Griselangue. Et cela a beau prendre du temps, nous approchons de notre but, étape par étape.
- Je vois. Désolé d’avoir douté.
- Ne vous excusez pas. Vous avez été libéré, votre esprit est affranchi des limites que l’autorité réprouvée impose à nos frères et sœurs. Souvenez-vous, il faut toujours tout questionner. Et il est de notre devoir de réveiller le reste du troupeau, et cela passe par l’expansion de leur conscience ! La Dame Noire maintient son étau sur notre peuple, elle nous maintient uni, pour le moment. Mais cela en vaut-il vraiment la peine, considérée la "liberté conditionnelle" qui est offerte à ses sujets? Si nous ne sommes pas capables de survivre sans elle, alors nous ne méritons pas de non-vivre. Je préfère voir notre nation sombrer plutôt que de continuer à satisfaire les ambitions d'un groupuscule d'élites, dissimulés dans un brouillard de dévotion absolue. Le docteur soupire. Hélas, il est encore trop tôt pour aider ceux qui ne souhaitent pas l’être. Nombreux sont les réprouvés qui ne sont pas prêts à entendre la vérité. Mais lorsque l’heure sera venue, alors nous frapperons et nous éveillerons leur vrai potentiel. Nous frapperons au cœur, nous frapperons aux fondations du Culte, nous frapperons à la tête de la bête, et ils devront faire un choix. Verront-ils au delà de la vision qu’on leur impose, penseront-ils pour eux-mêmes ?
- Ils verront, docteur, ils verront. Les vérités faisandées offertes par le Culte finiront par disparaître.
- Ou ce sera nous, qui finiront dans l’oubli. Souvenez-vous, la situation est précaire et le danger, imminent.
- Alors pourquoi prendre le risque de venir dans ces contrées ?
- Mission capitale. Justement, j’y venais. »
         Le docteur lança en direction d’Oscar un flacon à l’embouchure légèrement pointue qu’il attrapa d’une main, l’autre ayant une pomme à moitié grignotée. À l’intérieur, une poudre étincelante luisait dans la nuit. L’ancien nécrogarde observa le contenu avec intérêt.
« Ce n’est pas l’habituel.
- Il y a carence de poussière d’étoile. Je n’allais tout de même pas utiliser du chardon sanglant à la place, nous ne sommes pas des animaux aux oreilles pointues.
- Alors à quoi nous avons à faire ?
- Un essai. Il y a dans les grottes des environs des champignons fantômes d’une espèce rare. Alors j’expérimente, vous me direz ce que vous en pensez.
- J’aime me titiller ce qu’il me reste de cerveau avec les nouveautés.
- C’est ce que je pensais. Au plaisir, Griselangue, sombre chance à vous. Que l’Ombre vous accompagne.
- Que l’Ombre soit avec vous. Toujours.
- C’est ça-c’est ça… »
         La silhouette disparut dans les ténèbres et Oscar se retrouva seul, muni d’un flacon chatoyant et d’une pomme moisie, l’esprit qui pédalait vite fait dans le vide. Ainsi donc il était envoyé en Pandarie. C’était indubitablement intriguant, il y avait sur place tout un continent à explorer. Soudain, une voix à l’entrée des ruines lui parvint : « Oscar ! Oscaaaar ! Où êtes-vous, sacrebleu ? » Il s’en rendit compte mais il était incapable de faire un mouvement, pensant à sa prochaine mission. Peu après, Harlan Blanchaube le rejoint, tenant une lanterne magique qui produisait un éclairage bleuté modeste.
« Oscar, enfin ! Qu’êtes-vous allé faire dans un endroit pareil ? Et… qu’est-ce que ce flacon ? Oscar, nous sommes peut-être en repos provisoire mais je ne cautionnerai pas que vous souillez la réputation du Reliquaire avec vos sales habitudes illicites. Contrôlez-vous !
- Préféreriez-vous que je sois en état de manque, Harlan ? soupira Leighton. M’avez-vous suivi jusqu’ici ?
- Je m’inquiétais, vous êtes parti depuis un bon moment déjà. L’apothicaire Surlis a presque terminé son analyse, nous devrions rentrer sur Hiri’watha.
- Elle est réellement d’une rapidité effarante, observa Oscar en se levant en direction de son collègue.
- En effet. Au passage, nous avons reçu une lettre d’affectation. Nous devons nous rendre à Quel’thalas, au mouillage des Voiles du Soleil. Nous prendrons avec nous les résultats de Surlis qui seront envoyés aux terres Foudroyées d’une autre manière, semble-t-il.
- Bien. Tant mieux. Le trajet jusqu’ici était déjà assez pénible comme ça.
- Je ne relèverai même pas.
- Mettons-nous en route, alors.
- Dites, Oscar, vous mangiez une pomme il y a une minute, non ?
- En effet, Harlan, vous êtes fin observateur. Vous ferez un bon chercheur pour le Reliquaire un jour.
- Mmm… Mais avez-vous besoin de consommer de la nourriture ?
- Peut-être, peut-être pas, Harlan. Mais c’est comme pour vous quand vous passez votre matinée à vous coiffer, ça ne change pas grand chose au final et c’est devenu une habitude. »

***
***
***

Cette expédition m’a semblé durer bien trop longtemps. D’ordinaire, les voyages me plaisent bien, mais après ces derniers incidents, je crois que me ranger dans cette ville me fera le plus grand bien. Cabestan est l’endroit rêvé si l’on veut se faire oublier. Et pour trouver du boulot, c’est pas très compliqué tant qu’on a aucun mal à user de sa lame, même pour des gens au passé nébuleux. Surtout pour des gens au passé nébuleux. Qu'était-il advenu du docteur? Je l'ignorais. Mais il avait raison. L'heure n'est pas encore propice, il faut être patient, et je n'oublie pas. Je repasse dans ma tête les évènements qui m’amenèrent jusqu’ici, à me dissimuler aux yeux des hautes pontes du culte de l’Ombre. La première journée passée à m’interroger et me sonder esprit et souvenirs n’avait pas été très productive pour le trio d’évêques. Ils m’enfermèrent dans une geôle jusqu’à ce qu’ils trouvent le temps pour les trois de se réunir à nouveau et se plonger un peu plus dans mes mémoires à la recherche du docteur.
         Je pensais que j’étais fini, avec la disparition de Leary je ne voyais pas comment je pouvais me sortir de là. Le reste du Culte allait traquer tous les disciples qui croyaient encore en la doctrine du docteur, et ce serait la fin de son héritage. En tout cas c’est ce que je croyais. Je fus libéré quelques heures après avoir été mis en cellule, une ombre ténébreuse me sourit sans que je pu reconnaître un visage en particulier. Elle me tendit une torche et tout ce que j’entendis, c’était que les amis de Leary étaient aussi leurs amis. Avant qu’elle disparaisse, j’entrevis un tabard sombre sans pouvoir en reconnaître le symbole. Je n’attendis pas plus longtemps et je m’élança le long des corridors qui formaient un énorme réseau sous-terrain plus profond encore que la capitale.
         Je ne sais comment, je ne rencontra que quelques sentinelles sur le chemin. J’imagine qu’elles ne s’attendent pas à ce que qui que ce soit s’échappe de sous Fossoyeuse. Toujours est-il que je pu passer sans être aperçu. Je comprends aujourd’hui que cette mystérieuse ombre a du jouer un rôle dans cette affaire. J’atteins les égouts par lesquels je rejoignis la surface et pu enfin respirer l’air purulent de Tirisfal, si je puis m’exprimer ainsi. Il me fallait donc disparaître et rapidement. Mettre le plus de distance possible entre Lordaeron et moi. J’appris que la Dame Noire envoyait des navires réprouvés pour supporter l’effort de guerre. La rébellion des Sombrelances prenait de l’ampleur et les derniers préparatifs étaient en cours : les Tarides et Durotar étaient sous le feu de la rampe, et Orgrimmar serait probablement bientôt assiégée. C’était l’occasion parfaite.
         Je m’engagea sous un faux nom et à bord d’un de nos fiers bâtiments, aussi délabrés soient-ils, je gagna Kalimdor. Bien évidemment, je n’attendis pas que sonne le glas pour déguerpir aussi rapidement que je le puis, me débarrassant au passage de mon uniforme. Je pris la route pour Cabestan que j’atteins enfin aujourd’hui. Je descends la rue principale à la recherche de l’auberge histoire de m’y recueillir un moment. Je n’ai plus besoin de dormir, mais la pensée d’un repos bien mérité me fait penser à mon cercueil où je passais des longs moments à rêvasser sur tout et rien, surtout sur rien.
         En chemin, je croise un autre réprouvé qui regarde la mer d’un air rêveur. Il cuit sous le soleil des Tarides et je peux bien voir qu’il importune les passants avec son odeur. Il finit par me voir et s’exclame :
« Tiens donc, un nouveau visage en ville.
- Ça se voit tant que ça, que je ne suis pas d’ici ?
- J’ai juste un truc pour la phys… la syph…nomie.. la science des visages, quoi.
- Oui-oui-oui, je vois ça.
- Enfin surtout les visages nécrosés. J’veux pas être méchant, mais pour moi les vivants se ressemblent tous.
- Allez, Klavikul, moi tu me reconnais, non ? demande une taurène qui s’amène lentement vers nous. Sur son tabard à fond noir se trouve un glaive rouge-sang.
- Sokia ! Pour sûr, difficile de te louper.
- Pardon ?!
- Et donc y’a un nouveau dans les parages. Vot’nom c’est quoi déjà ?
- Osc… Oxleigh.
- Mmm, je vois, répondit la dénommée Sokia. Ça fera l’affaire, dirons-nous. J’imagine que c’est le tourisme qui t’amène à Cabestan, Oxleigh ?
- Voilà, dis-je en souriant. Vous avez tout compris. On m’a grandement bassiné avec les histoires sur la côte est des Tarides. La perle pour les nouveaux départs, me dit-on.
- Ça dépend de ce que tu sais faire, mais dans l’ensemble c’est ça.
- Au passage, vous ne connaîtriez pas une âme charitable qui serait prête à employer un humble mort-vivant ?
- Je connais bien un orc traînant dans les parages qui serait peut-être intéressé, mais de là à parler d’âme charitable… De là à parler d’âme tout court, en fait. Mais comme je te l’ai déjà dit : ça dépend de ce que tu sais faire. Et de ce que tu es prêt à faire.
- Je suis un bon gars, vous savez, dis-je en reniflant un petit coup. Et je suis activement à la recherche de nouveaux amis.
- Si c’est des amis que tu recherches, alors je suis certaine qu’on va pouvoir s’arranger, Oxleigh. Bienvenue à Cabestan ! »
-------------

Modifications: doctrine de Leary ajoutée.


Dernière édition par Eidgo le 12.06.15 13:11, édité 2 fois

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Suldr'in le 06.06.15 23:13

Omg!!!! Un récit presque aussi long que ceux du Chef! Sauf que là, ça concerne qu'un seul perso! Va falloir demandé un niveau bac littéraire (au minimum) aux nouvelles recrues.

Sinon, excellent récit.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 07.06.15 2:05

J'ai pas pu faire plus court, déjà là on flirte à la limite des bornes de l'incompréhension Razz
Je sais pas si tout colle, si le caractère des personnages que je me suis permis d'utiliser correspondent à la réalité, mais s'il faut le retravailler y'a pas de souci.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Haïkki le 07.06.15 9:52

Pavé César comme disent nos associés corsaires Wink
Ca se lit vachement bien et ça m'a presque donné envie de jouer réprouvé!
Une question : si mes souvenirs sont bons, les atal'aï ont trempé dans le cambriolage de la banque de fossoyeuse, Oxleigh aussi visiblement, aucun lien entre le consortium et ton perso à cet époque?

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 07.06.15 13:19

Effectivement, sans le savoir, Atal'aï et Oxleigh ont tous leur part de responsabilité dans le casse de la banque, seulement ils ignorent tout l'un de l'autre. Je trouvais juste ça marrant que leurs destinées se soient presque croisées.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Zalk' & cie le 07.06.15 19:46

Tous les Sicaires ont croisé les Atal'ai avant que les Sicaires ne soient les Sicaires... C'est d'venu une règle. Very Happy

Sinon, sacré petit roman. J'ai bien aimé. J'ai juste pas trop compris ce qu'était exactement la doctrine du docteur Leary.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 07.06.15 22:01

J'avais justement retiré le passage où sa version du Culte était plus-ou-moins expliquée, car elle n'avait pas vraiment sa place et cela faisait encore plus long. Mais je vais penser à la rajouter peut-être autre part.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Haïkki le 08.06.15 0:15

Zalk' & cie a écrit:Tous les Sicaires ont croisé les Atal'ai avant que les Sicaires ne soient les Sicaires... C'est d'venu une règle. Very Happy

Haïki'do se souvient pas d'avoir rencontré un atal'aï dans sa vie d'avant. C'est l'exception qui confirme la règle? Cool

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 12.06.15 13:14

J'ai enfin incorporé la doctrine de Leary au récit (flashback d'Agol'watha). On comprend un peu mieux pourquoi les autres grands dignitaires du Culte sont à ses trousses. Voilà.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Zalk' & cie le 12.06.15 14:33

Ha ouais, tu m'étonnes.

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Haïkki le 01.07.15 8:51

@Eidgo a écrit:Effectivement, sans le savoir, Atal'aï et Oxleigh ont tous leur part de responsabilité dans le casse de la banque, seulement ils ignorent tout l'un de l'autre. Je trouvais juste ça marrant que leurs destinées se soient presque croisées.

Je me demandais : y a des récits du fameux casse de la banque de Fossoyeuse?

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Haïkki le 08.07.15 11:22

Pas de récit du casse de la banque de Fossoyeuse? Vraiment?

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Re: Quand Oxleigh arrive en ville...

Message  Eidgo le 08.07.15 14:20

Pas que je sache. Mais ça pourrait être intéressant d'en avoir un. Seulement c'était un évènement IG et je n'étais pas présent, donc je suis probablement le moins bien placé pour l'écrire.

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